SOS Harratines de Mauritanie : Mémorandum

S. Beye

SOS Harratines de Mauritanie est à la fois un cri d’alarme et un appel de détresse adressés à l’Union Européenne et aux Etats Unis que je viens saisir à travers le présent mémorandum qui retrace la problématique harratine de Mauritanie.

En effet, les harratines ont subi des calvaires et des injustices historiques sévères qu’ils continuent encore à en subir dans ce pays qui reste l’un des derniers bastions de l’esclavage de ce monde libre.

Un pays où un régime pratique la ségrégation raciale et le chauvinisme d’Etat, en ce 21e siècle, ère de démocratie, de liberté, de respect des principes fondamentaux des droits de l’homme et des peuples, ère où l’esclavage et le système de l’apartheid sont bannis et détruits dans le monde, laissant place au respect de la dignité humaine ainsi qu’aux droits et principes, dans ce monde où chacun aspire à une vie digne, à la liberté, au progrès social et à la promotion de ses spécificités culturelles propres.

Ces droits auxquels aspirent aujourd’hui les harratines de Mauritanie se trouvent usurpés et dénués, eux qui ont toujours été assujettis à l’esclavage et à l’exclusion totale dans une société sclérosée et réfractaire à tout changement et avec des mentalités rétrogrades fortement enracinées.

C’est au nom de ces valeurs et de ces principes fondamentaux que je viens en désarroi saisir les nations civilisées que sont l’Union Européenne et les Etats-Unis d’Amérique, pour solliciter leur intervention en faveur de cette communauté victime des grandes injustices et des pratiques inhumaines dont les pratiques abjectes de l’esclavage qui sévissent encore dans leurs pires formes. Une telle intervention est aujourd’hui indispensable pour éviter le pire aux membres de cette communauté qui fait face à des multiples problèmes consécutifs à la politique d’acharnement systématisée du régime beïdane visant à les écraser afin de maintenir le statuquo (esclavage, soumission, exclusion, ignorance, pauvreté extrême …) dans lequel ils sont confinés.

Ces dernières années, j’avais adressé plusieurs saisines aux nations unies qui ont mené à d’énormes efforts pour l’éradication de l’esclavage et ses séquelles pervers et pour le recouvrement des droits sociaux, économiques et politiques des harratines qui vivent la pauvreté extrême et l’exclusion totale.

Je ne peux évidement pas ignorer les énormes efforts consentis également par les Etats membres de l’Union Européenne et les Etats-Unis d’Amérique dans ce domaine, seulement la situation est aujourd’hui très délicate, critique plus que complexe due à un ensemble de politiques et mesures systématisées visant à asphyxier, fragiliser et exclure davantage cette communauté, d’où nos angoisses et nos cris de détresse répétés.

Pour cette raison, je viens vous saisir en ma qualité d’activiste des droits de l’homme, l’un des leaders harratines de première heure et un membre dirigeant des organisations luttant contre l’esclavage et la confiscation des droits des harratines tels que : le mouvement EL HOR que je préside et le manifeste pour les droits politiques, économiques et sociaux des harratines dont je suis vice-président.

En vue de mieux comprendre

En effet, la communauté harratine est l’une des communautés noires ayant peuplé ce qu’on appelle aujourd’hui la Mauritanie depuis des siècles avant même l’arrivée des arabes pour conquérir le territoire, assujettir la composante harratine à l’esclavage, au servage et à la soumission.

Il s’agissait des gens paisibles pleins de prestige ayant une culture spécifique propre très riche (musique, folklore, danse, art, mode de vie …). Ils vivaient principalement de l’agriculture d’où est tiré le mot harratines, qui n’est qu’une déformation de celui de Harrathines (littéralement agriculteurs en Hassanya).

La plupart des écrits arabes et occidentaux ont conclu que l’origine du vocable est Harratines, le pluriel de hartani en ajoutant la lettre (H après le T : th phonétique Z, relativement à l’agriculture qui est l’activité par laquelle se sont distingués ces hommes à travers leur histoire, que ce soit la culture des oasis ou la culture sous pluie. Dans ce cadre, Monsieur Gautier dans son livre « La conquête du Sahara » déclare : « Le mot Harratine signifie agriculteur puisqu’il est tiré du verbe « cultiver ».

Ces particularités spécifiques ont été, par un conditionnement affiné, étouffées, détruites et enterrées dans les méandres de l’histoire lointaine de ce pays dominé par les maures blancs, malgré la nette dominance des harratines au plan démographique, qui avoisine les 55 % de la population globale.

Les harratines dominés et abdiqués deviendront par la suite un appendice des maures et seront assujettis aux pratiques abjectes de l’esclavages dans ses pires formes. Les traitements dégradants et indignant auxquels ils ont été soumis feront les distinctions caractéristiques marquantes chez eux dans la société maure, prenant la forme d’une couche sociale maudite, dénués de leurs personnalité et de leur dignité humaine, pour vivre l’esclavage dans ses pires formes : (vente, dons, déni d’héritage …).

Aujourd’hui 57ans après la naissance de l’Etat nation, les harratines sont toujours domestiqués, exclus, marginalisés, méprisés, privés de l’éducation et des sources de revenus ainsi que des opportunités de l’Etat. Condamnés à vivre perpétuellement l’ignorance, la pauvreté extrême, l’indécence, le travail domestique et l’esclavage abjecte.

Leurs spécificités culturelles occultées et banalisées, leur personnalité propre aliénée par une politique d’acculturation très forte, vivant de souffrance en souffrance, de calvaire en calvaire tout au long de l’histoire, sans espoir ni recours, dans un environnement hostile.

Malgré la présence française, nation des valeurs morales et de la civilisation du monde moderne en tant que puissance coloniale, ce pays n’avait pas contribué malheureusement à la création de l’environnement propice à leur libération du joug des maures et à leur intégration en tant que segment important de ce peuple. La Mauritanie qui deviendra un Etat indépendant, membre de l’ONU en camouflant son (…) blason entaché par des pratiques de violations des droits fondamentaux de l’homme et des peuples dont l’esclavage qui est un crime et une insulte contre l’humanité, persévère dans ses pratiques ignobles contre les harratines.

La France puissance colonisatrice du pays est aujourd’hui redevable moralement d’un rôle plus dynamique et plus concret, en vue de la réparation de ce tort, de ces grandes injustices, desquelles ont découlé les déséquilibres majeures sur lesquels est fondé l’Etat mauritanien à sa naissance. Les conséquences néfastes de cette situation pèsent aujourd’hui lourdement sur le devenir de ce pays fragile que précaire.

Situation actuelle des harratines

Ils restent confinés dans des conditions inhumaines avilissantes, terrifiantes, condamnés par un système chauviniste et exclusiviste à vivre éternellement la misère, la précarité et la pauvreté extrême dans l’objectif de les maintenir dans le besoin et la dépendance de leurs maîtres, lesquels maitres contrôlent sans partage l’ensemble des institutions de l’Etat mauritanien : (l’armée, le parlement, l’administration, les banques, les affaires…) et s’accaparent sans vergogne de l’économie et de ses sources, du pouvoir politique et de toutes les opportunités qu’offrent l’Etat providence.

Dans ces conditions, les harratines sont laissés pour compte, avec un taux d’analphabétisme et de pauvreté extrême très élevés. ils vivent dans des « ghettos » appelés communément Adwabas où des milliers de leurs enfants n’ont pas accès à l’école par défaut d’infrastructures scolaires (la plus part des écoles ouvertes la décennie passée sont fermées ou regroupées en une école et les classes regroupées en une salle), le taux de mortalité est plus élevé à cause de la malnutrition, de la précarité et du manque de soins sachant que la libéralisation à outrance instaurée depuis ces dernières décennies ne permet plus aux pauvres et aux sans revenus de pouvoir bénéficier des services de base d’où les problèmes auxquels ils sont confrontés aujourd’hui.

L’eau potable constitue aussi un problème aigu qui pèse lourdement sur la vie de ces populations laissées pour compte. L’agriculture qui jadis constituait l’activité principale et source de revenu des harratines est devenue aléatoire et précaire.

Au plan de l’emploi : Les harratines sont discriminés sauf pour les travaux avilissants ou dégradants en dehors de quelque rares responsabilités qui dans les meilleurs des cas n’excèdent pas 1 %.

L’essentiel des postes ou fonctions sont réservés aux autres, les recrutements et les nominations dans la fonction publique obéissent à la même logique. Au plan économique : Les harratines sont exclus et privés des financements de microcrédits, de petites et moyennes entreprises ainsi que des crédits bancaire et agricole.

Aujourd’hui, c’est un acharnement sous une forte pression visant à les exproprier des terres qu’ils exploitaient jadis pour survivre dans une optique de les asphyxier économiquement et de les affamer pour mieux les appauvrir afin qu’ils restent fragiles, corvéables et dépendants, y ajouter l’emprisonnement de leurs membres, la déportation déguisée à travers l’envoi massif en 2015 des jeunes filles harratines vers l’Arabie Saoudite, et cela dans des situations affreuses.

Les manifestations de l’idéologie raciste et chauviniste du pouvoir des beïdanes envers les noirs

Les noirs sont exclus totalement des appels d’offres, de l’octroi des marchés, des licences de pèche, de sous-traitance des Etablissements publics ou privés, des sociétés et entreprises, des agréments attribués aux opérateurs économiques, des médias (chaines de télévisions et radios privées ou publiques) dont seulement 5 % des programmes sont réservés aux négro-africains, pour les harratines, on en parle pas malgré le besoin pour la promotion de leurs particularités spécifiques propres qu’on a toujours occulté.

Autres manifestations graves du système

1 – Création d’une association de tir de cible et d’entrainement sur les maniements des armes, créée sur une base discriminatoire et raciale où seuls les blancs peuvent en être membres ;

L’association est décentralisée avec des structures régionales, départementales, elle est dotée de gros moyens et jouit des facilités des autorités administratives, judiciaires, politiques, en parfaite synergie avec l’institution de l’armée ;

2- Politique de discrimination systématisée au plan de l’éducation où il est observé des écoles et lycées d’excellences où excellent les fils des blancs de même des lycées et écoles militaires. L’essentiel des bourses d’études sont octroyés aux maures ;

3- Les généraux et hauts gradés de l’armée sont à 99% des blancs alors que nous avons une population à environ 70% des noirs harratines et négro-africains confondus ;

4 – Les directeurs centraux, directeurs des projets, les SG des Ministères, les conseillers à la présidence ou à la primature sont à 99% blancs, malgré le nombre énorme des cadres harratines ou négro-africains, de haut niveau et hautement qualifiés ;

5- Les hommes d’affaires, fournisseurs et opérateurs économiques, idem, domaine réservé.

La nouvelle vision étroite des nationalistes arabes

Il est constaté que depuis l’arrivée du Président Mohamed Ould Abdel Aziz au pouvoir, l’influence des nationalistes arabes étroits est devenue très forte et très agressive en direction des noirs de manière générale et des harratines de manière particulière avec deux visées maitresses :

1- Forcer les harratines à rester dans le giron et le joug des maures en tant qu’organe indissociable du corps beïdane, par le maintien du statuquo c’est-à-dire des harratines dénués de dignité, de personnalité, sans ambition, sans aspiration, corvéables, bref sans conscience ni âme, hommes de second degré, statut que rejettent aujourd’hui les harratines.

2- La (hartanisation) à terme des négro-africains :

Dans cette vision philosophique, tendant à faire abdiquer et à dominer tous les noirs, on vise aujourd’hui à (hartaniser) les négro-africains après avoir échoué en 1989/1990 de les exterminer ou de les déporter tous. Malgré la gravité des actes liés aux génocides, les instigateurs courent toujours, jouissant de la pleine impunité.

Cette hartanisation se fera à travers notamment la domination, l’acculturation, l’abdication, la destruction de leurs particularités culturelles, l’utilisation de l’arabe comme moyen d’exclusion, d’oppression culturelle brutale en leur imposant de parler arabe ou le hassanya.

C’est ce qui explique entre autres ce mépris et cet acharnement des nationalistes arabes contre la France et sa langue qui constitue un moyen d’expression et de communication alternative pour les négro-africains, or l’objectif visé est celui de contraindre les négro-africains à ne parler que l’arabe ou le hassanya.

Infléchis, agenouillés, soumis à une politique de conditionnement systématisée, axée sur l’exclusion totale, l’expropriation des terres, l’asphyxie économique, les négro-africains sont déjà fragilisés même écrasés, privés de l’identité nationale par un enrôlement discriminatoire et relégués au bas de l’échelle, dénudés de la personnalité et du statut de citoyen de premier degré à l’image des harratines des beïdanes, bref totalement engouffrés et empêtrés dans une situation où ils sont fortement tenaillés.

Quand on sait qu’aujourd’hui, il n’existe pas un seul négro-africain homme d’affaire, armateur ou grand commerçant affiché, donc il ne leur reste que de hisser le drapeau blanc et se soumettre au joug des beïdanes qui eux savent bien domestiquer les noirs.

cette vision étroite pour une Mauritanie exclusivement blanche ou arabe, cette non reconnaissance des noirs et de leurs droits fondamentaux aussi bien harratines que négro-africains, non seulement nous inquiète à plus d’un titre mais aussi justifie nos cris d’alarme, nos angoisses et nous amènent à solliciter une protection contre ces abus multiples qui constituent une violation grave des droits de l’homme et des peuples, cela nous amène également à nous interroger sur le devenir de notre pays la Mauritanie, pays multiculturel, multiracial appartenant aux deux mondes Arabe et Africain.

Nos inquiétudes sont plus que motivées dans la mesure où il s’agit d’un projet soutenu par ceux qui sont au commande et que les moyens de l’Etat sont largement mobilisés dans cette philosophie machiavélique raciste nourrie de rejet et de mépris.

Les objectifs et finalités du projet des nationalistes arabes étroits

Les objectifs et finalités de ce projet qui constitue une véritable menace sur l’unité nationale et un danger réel sur le fondement de l’Etat, est la refondation de l’Etat mauritanien de manière à exclure les noirs de Mauritanie. En effet, le front uni des nationalistes arabes étroits (baathistes, nasséristes, certains courants islamistes) rêvent d’un Etat des beïdanes ou des blancs exclusivement avec une visée expansionniste visant plusieurs zones géographiques des pays voisins dont l’Azawad, le Sahara et d’autres zones à présence arabe ou maure.

L’idée de la modification de la constitution, du drapeau national et de l’hymne national s’inscrit dans cette optique machiavélique en vue de la refondation de cet Etat (arabe) nouveau où les arabes trouveront une majorité pour se légitimer en dehors des harratines qui revendiquent leur statut de composante nationale distincte et la pleine jouissance de tous leurs droits ce que le frère maure n’est pas prêt à concéder.

Dans ce même sillage, un pôle ou cercle est scellé dans les zones visées dont l’objectif est de développer les relations avec les chefferies dans ces différentes zones et même avec des chefs de guerre ou jihadistes, en prélude du lancement de quelque chose qui s’appellera certainement (Aljemhourya Al-Arabya AlMouritaniya) ou (Mouritanya Alkoubra Aljemahirya) avec une histoire nouvelle avec (ses résistants, ses héros et ses martyrs) avec son drapeau nouveau et son hymne nouveau, avec un territoire étendu aux zones qui seront revendiquées ou conquises par les groupes revendiquant leurs rattachement à la (mère patrie, la Mouritanya Alkoubra).

Tout cela pour avoir de quoi inciter les (nouveaux mauritaniens) afin qu’ils trouvent leurs marques dans ce nouveau Etat, Etat des beïdanes.

Les thèmes mobilisateurs retenus sont la résistance contre le colonisateur français estimant que ce colon est encore là, il faut s’unir pour le chasser hors de la sous région pour dresser les populations arabes dans les zones à s’élever contre la présence des forces étrangère qui gênent la réalisation de l’unification des zones de présence maures ou arabe (Sahara, Sud de l’Algérie, Azawad du Mali…).

Là, il faut pousser la population à haïr et à mépriser les français de manière particulière et les occidentaux de manière générale qui, non seulement ont crée ces frontières séparant les frères maures, mais défendent l’intangibilité de ces mêmes frontières.

Pour créer les conditions propices, on fera tout pour créer des tensions et des conflits imaginaires avec les pays voisins en vue de renforcer la cohésion et l’unité des groupes maures et afin de trouver des alibis pour déporter de nouveau les négro-africains sous prétextes qu’ils sont en mèche avec « l’ennemi ».

Dans ce projet on retient aussi ce problème de l’état civil qui dés le départ a été fait de manière à limiter le nombre des harratines étant entendu que plus de 45% des harratines n’ont pu être enrôlé jusqu’à présent à cause des freins et obstructions rigoureux dressés devant leurs enrôlement de manière systématique. Cette situation on la complique jour après jour. L’objectif visé est de réduire le poids électoral mais et surtout le nombre statistique des harratines qui seront à 45% des apatrides, damnés du pays sans statut ni droit.

L’institution en charge de l’état civil, est gérée loin de toute transparence et de toute tutelle ou contrôle, elle est rattachée directement à la présidence. La situation devient de plus en plus difficiles pour les harratines et leurs enfants de trouver leurs divers documents de l’état civil.

Les harratines font aussi l’objet de toute sorte de tracasseries et de pratiques arbitraires dont notamment : l’emprisonnement des membres de IRA et d’autres harratines, l’envoi massif en 2015 des jeunes filles harratines en Arabie Saoudite, l’expropriation massive des terres des harratines, leur discrimination devant l’emploi ainsi que les pratiques de harcèlements réguliers en vue de briser leur combat pour le recouvrement de leurs droits et se libérer du joug des esclavagistes maures.

Derrière ce projet, les haut officiers de l’armée, les hauts responsables de l’Etat surtout les nationalistes arabes étroits (baathistes, nasséristes et certains courants islamistes).

Pour le besoin de ce projet, on crée un parti spécial des blancs comme cadre politique d’incarnation de l’idéologie de l’arabisme, ayant comme objectif de faire ancrer cette idéologie macabre, populariser le programme, mais aussi créer les structures de base adéquates de proximité. D’autres structures sont aussi programmées comme les conseils régionaux qui consolident davantage la mainmise de la féodalité et des notabilités véreux et pour renforcer l’hégémonie des beïdanes.

Ces choses nous inquiètent beaucoup et brisent nos espoirs, quand à une Mauritanie unie, forte, égalitaire et juste où chacun aspire à trouver sa place et à jouir de tous ses droits dans un Etat fort garantissant le droit à chaque mauritanien.

Tout cela au moment où nous autres aspirons à une Mauritanie pluriculturelle où vivre ensemble est possible dans le respect et la reconnaissance réciproque, loin du racisme, du chauvinisme, du mépris et de la haine, une Mauritanie de justice d’égalité et de progrès .

Les astuces de l’Etat mauritanien pour contourner les décisions et recommandations de la communauté internationale

Depuis l’indépendance du pays l’Etat mauritanien n’a cessé de ratifier les chartes, conventions, déclarations, que ça soit les instruments des nations unies ou de ses autres institutions spécialisées.

Mais jamais ces textes, mesures ou instruments afférents à l’esclavage et aux problèmes de discrimination, d’exclusion et de pauvreté extrême n’ont été accompagné des textes d’application ou de volonté politique en vue de l’éradication effective de l’esclavage et des pratiques de violation des droits de l’homme et des peuples.

Au contraire, l’Etat s’acharne contre les harratines à travers un ensemble d’actes et de mesures visant à les fragiliser, à les asphyxier économiquement de manière à limiter leur développement et la promotion de leurs spécificités culturelles propres.

Pour duper la communauté internationale et les institutions et organisations spécialisées, l’Etat procède au trucage et à la manipulation des données et informations pour obtenir des faux d’indicateurs de la bonne gouvernance, tel que les indicateurs de : pauvreté extrême, chômage, niveau de vie, santé publique, éducation, gabegie, respect des principes et des droits de l’homme, torture etc.

Ce dont les harratines en ont besoin

1- Dans ces conditions décrites, les harratines ont besoin d’une protection contre toute cette politique ségrégationniste et chauviniste ainsi que l’excluions et les pratiques de l’esclavage dont ils en sont l’objet ;

2- Reconnaissance constitutionnelle de la composante harratine en tant que communauté distincte de celle des maures ;

3- Partage équitable du pouvoir et des richesses de manière permettant une implication effective dans la gestion des affaires du pays ;

4- Lever des freins et restrictions opposés à la promotion aux grades supérieurs des officiers harratines de l’armée, de la police et des autres corps ;

5- Emissions spéciales dans les médias pour promouvoir leur culture et particularité spécifiques très riches et profondes;

6- Encourager l’émergence des hommes d’affaires et une présence des cadres harratines au sein de l’administration et de la fonction publique ;

7- Arrêter la politique d’expropriation des terres et des domaines des harratines et l’octroi des appuis à leurs efforts pour leur développement humain durable;

8- Dérogations spéciales pour l’enrôlement des harratines, vu leur situation particulière de sans papier et en majorité sans une situation patronyme qui leur permet de répondre aux critères exigibles pour l’enrôlement. Le blocage fait est voulu pour limiter de manière systématique le nombre enrôlé pour des raisons idéologiques, raciste et discriminatoire;

9- Création de structures d’accueil et d’insertion des esclaves ou anciens esclaves en situation difficile, en vue de leur apporter toute l’assistance requise au plan économique, social et juridique ;

10- L’élaboration des textes d’application pour les lois et décisions d’incrimination de l’esclavage et la prise des mesures d’accompagnement au plan social, économique et administratif ;

11- Dissolution de l’association de tir des cibles et de toute autre association à caractère racial et discriminatoire alors que nous sommes dans un pays multiracial et multiculturel où les susceptibilités intercommunautaires sont très fortes.

Cette plate forme permettra de protéger les harratines contre les abus et injustices multiformes dont ils sont l’objet, cela permettra également aux harratines de se relever progressivement en vue de s’insérer au sein de la société et de retrouver leur dignité, personnalité et place perdues.

D’autre part cela permettra de segmenter la machine de l’Etat et de redresser les déséquilibres majeurs sur lesquels est fondé l’Etat depuis sa naissance en 1960, ce qui conduirait à l’avènement d’un Etat de droit, Etat de citoyenneté, d’égalité et de justice, garantissant à chaque citoyen la jouissance pleine de tous ses droits dans une Mauritanie réconciliée avec elle-même ou vivre ensemble est possible dans le respect réciproque.

CC. NATIONS UNIES

Nouakchott, le 25 janv. 2017

Samory Ould Beye
Secrétaire Général de la
CLTM-Mauritanie

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *