Au Pays du Prix Nobel de la Paix !

Ce soir je me sens abattue ! Les mauvaises nouvelles se succèdent, m’anéantissent et m’atterrent. La semaine qui a succédé à celle de la réception du Prix Nobel de la Paix tunisien a connu le déferlement d’une vague d’arrestations visant des jeunes. Les abus des droits humains s’alternent.

Un jour avant la célébration du cinquième anniversaire du début de la révolution, une jeune lycéenne de 17 ans s’est faite arrêtée par la police. Son arrestation a été bien musclée. Elle a été malmenée et frappée alors qu’elle participait à un rassemblement pacifique contre la destruction du patrimoine de la ville du kef. Ce soir Afraa Amairi passe sa nuit en état de détention dans l’irrespect du code de Protection de l’Enfance.

 

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En outre, elle n’est pas la seule à subir ce genre d’injustice, des milliers de jeunes tunisiens, d’artistes et d’activistes connaissent le même sort. Ils croupissent injustement dans les cellules des prisons tunisiennes. La majorité d’entre eux ont été arrêtés arbitrairement et selon des lois inconstitutionnelles.

Au cours de la semaine dernière, six jeunes de Kairouan ont été condamnés à trois ans de prison selon l’article 230 du Code Pénal, totalement en contradiction avec la nouvelle Constitution Tunisienne qui stipule que l’Etat est le « garant de la protection de la vie privée des citoyens ». Ils ont tous subi des tests anaux pour prouver leur homosexualité. De plus, ces derniers seront interdits de séjour à la ville à leur sortie de prison. La mesure du bannissement quant à elle est un scandale en soi.

Quelques jours auparavant, des artistes de tous bords ont été arrêtés et emprisonnés pour consommation de cannabis. Cette accusation est le prétexte phare pour jeter des milliers de jeunes dans des prisons mais surtout pour faire taire les voix dissidentes. Lors de sa campagne électorale, le Président de la République a reconnu l’injustice de la loi 52 dont les condamnations vont d’un an à 5 ans de prison et une amende de mille dinars. Il a promis la réforme de cette loi. Une année après, plus de 8000 citoyens croupiraient dans des cellules surpeuplées et dans des conditions horribles pour consommation de cannabis. Aucune nouvelle de la promesse du Président !

Ce soir je me sens abattue ! Je me sens dégoûtée et je vomis tous les politiciens qui nous ont tant promis de changer les choses. Je vomis tous ces hommes et toutes ces femmes qui nous ont promis le paradis et qui nous ont trahis. Aujourd’hui, je ne peux que hurler, que crier : Qu’avez vous fait de notre pays? Qu’avez vous fait de la dite-démocratie?

 

 

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