Tunisie: Une classe politique loin de répondre aux attentes du pays.

Une année après les élections législatives et présidentielles, le paysage politique tunisien semble être bien loin de de la stabilité tant espérée et recherchée par les Tunisiens anéantis par cinq années de soubresauts et de développements complexes et incessants. De nouveaux partis se forment, d’autres se divisent et certains se fédèrent ou au contraire sont dissouts. L’image n’est point claire. Au lendemain de la révolution, on pouvait qualifier cela d’effervescence politique mais aujourd’hui cela ne peut révéler qu’une immaturité certaine de la classe politique qui confirme encore une fois qu’elle est loin de pouvoir répondre aux enjeux et obligations de l’étape.

 

Suite à plusieurs semaines de discussions, polémiques et débats houleux, la crise de Nidaa Tounes, le parti majoritaire au sein de l’Assemblée des Représentants du Peuple, aboutit à sa division. Le parti doublement vainqueur aux législatives et présidentielles n’a pas donc pu résister plus d’une année avant de se scinder. Formé en 2012 avec pour but de rassembler l’opposition et combler un vide politique devenant de plus en plus clair, Nidaa Tounes qui n’a pas peiné à gagner de la popularité et de la notoriété à l’époque n’a pas pu surmonter ses problèmes internes, tenir ses promesses électorales et a surtout souffert de son alliance contre- nature avec le parti islamiste Ennahdha.

La semaine dernière Mohsen Marzouk, Secrétaire Général du parti ainsi que des membres des instances centrales et régionales de Nidaa Tounes qui lui sont acquis ont annoncé leur retrait officiel et définitif du parti, de même que leur intention de créer une nouvelle formation politique.

 

De cette nouvelle situation, découlerait normalement des changements notables au niveau des formations et blocs parlementaires constituant le parlement et l’accès d’Ennahdha encore une fois à une majorité relative et à une domination tant effective que numérique au niveau du parlemente et de celui du gouvernement.

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De son côté, l’ex- Président provisoire Moncef Marzouki a annoncé, dimanche 20 décembre 2015, le lancement d’un nouveau parti politique dont le but , selon lui , est de combler le vide créé par un gouvernement   « totalement impuissant face à la situation   catastrophique »  du pays. Grand perdant au second tour des présidentielles de 2014, et quoique ayant vu la formation politique à laquelle il s’adossait s’effriter presque totalement Marzouki ne jette donc pas l’éponge et persiste à essayer de se faire un espace sur la scène politique. Il profite en cela des difficultés et de la scission du parti majoritaire et tente de réinvestir le devant des évènements et se place en cela en tant qu’opposant radical et averti.

De leur part, les deux organisations les plus puissantes sur la scène socio-politique bien que faisant partie du quartet du dialogue national ayant récemment reçu le Prix Nobel de la Paix ne réussissent pas à trouver un terrain d’entente et semblent aller faire une confrontation ouverte. En effet, l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT)et l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA) semblent avoir atteint un point de non retour en ce qui concerne les négociations portant sur les augmentations salariales dans le secteur privé. L’UGTT a, en effet, déclaré avoir accepté, quoique sans gaieté, l’arbitrage du chef du gouvernement proposant un taux de majoration de 7% alors que de sa part elle avait déjà bien accepté la baisse jusqu’au taux de 12% de sa revendication initiale de 15% .L’UTICA   quant à elle continue à affirmer qu’elle n’est pas disposée à aller au delà d’une majoration de 4. 8% et semble ne pas vouloir se soumettre à l’arbitrage du chef du gouvernement.

Alors que le pays fait face à des problèmes d’ordres sécuritaire, économique et social, la classe politique semble ne pas comprendre donc les défis de cette période critique de l’histoire de la Tunisie et continue chaque jour à décevoir les Tunisiens de plus en plus las de la politique et des politiciens et de plus en plus enclins à rechercher surtout ne serait-ce qu’un peu de stabilité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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