Mali, Clash entre IBK et Tiebilé Dramé

Photo;: maliactu

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Le torchon brûle entre le président Ibrahim Boubacar Keïta et Tiébilé Dramé, président du parti d’opposition, le Parena. Rien à voir avec les récents tirs de barrage de ce dernier, notamment la conférence de presse où il a dressé des deux ans d’IBK au pouvoir un bilan mitigé. De retour de Paris où il s’était rendu en visite d’Etat, le président Keïta a fait une déclaration à la presse où il s’est attaqué violemment à Tiébilé Dramé qu’il accuse d’avoir voulu « saboter » sa visite, de « s’être rendu à Paris avant lui pour distribuer des tracts avec l’intention de lui nuire ». Et pour terminer, il laissa tendre : « Dites à ce petit monsieur qu’il est temps d’arrêter ».

Cette sortie est tout sauf une surprise, tant elle est devenue la marque de fabrique d’IBK qui, durant ces deux années à la tête du Mali, n’en finit pas d’agiter une main menaçante à l’endroit des fonctionnaires de la haute administration qui pillent les deniers publics.

Comme si la guerre venait d’être ouverte, la réponse du chef du parti du bélier blanc, Tiébilé Dramé, ne s’est guère fait attendre. Dans une déclaration, il a démenti en bloc et en détail les accusations du président Keïta :

« Je suis au regret d’opposer le démenti le plus catégorique aux déclarations faites par le président de la République à son arrivée à Bamako, le dimanche 25 octobre 2015.

Dans la meilleure des hypothèses, le chef de l’État a été induit en erreur par ses informateurs. Même dans ce cas, il n’a aucune excuse. », peut-on lire au début de sa déclaration où il enfonce le clou en disant que « Les raisons de la colère du grand IBK, tout au long de SA visite en France, sont ailleurs! Il ne peut s’en prendre qu’à lui-même, à sa gouvernance patrimoniale, à sa confusion entre l’État et sa famille, entre l’État et sa propriété privée. »

On savait qu’entre ces deux hommes, ce n’était vraiment pas le grand amour. Mais on ne peut pas ne pas dire qu’IBK a été virulent dans ses propos qu’il n’aurait pas dû formuler à ce moment-là, surtout à son retour d’une visite d’Etat en France, critiquée qui plus est. Sur les réseaux sociaux, il n’a d’ailleurs pas échappé aux griffes d’internautes visiblement à cran, tel le journaliste Issa Fakaba Sissoko, qui dans un post, a donné libre cours à son dépit :

« Lorsque je m’accroche à mon poste radio ou à mon téléviseur pour écouter mon président, je m’attends de lui qu’il apporte des réponses à nos préoccupations: notre sécurité, la justice contre ceux qui volent les maigres ressources du pays, notre école, notre santé, bref, notre bien-être. Mais pas pour l’écouter critiquer une opposition qui est dans son rôle, comme lui l’a été en 2007 jusqu’à son entrée surprise (et contre toute éthique politique) au gouvernement en 2011. J’attends de mon président qu’il se mette au-dessus de la mêlée, qu’il sorte des débats de couloirs, un président qui ne me divertit pas, qui se dit ‘j’ai mieux à faire que de m’arrêter sur les détails… ‘ Monsieur le président, arrêtez de nous décevoir ! »

Boubacar Sangaré

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