Mali : IBK et sa guerre contre le terrorisme

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Que dire après les attentats du 13 novembre à Paris, qui ont lâché les vannes de la colère et de l’indignation en France et ailleurs, dans la presse, sur les réseaux sociaux, dans la blogosphère ? Partout ou presque, c’est la consternation devant la rare barbarie de ces crimes, devant ces 129 âmes « mangées » par la mort. Pour reprendre René Maran dans « Batouala », elles sont parties «les yeux clos à jamais, pour ce noir village qui n’a pas de chemin de retour. » Et, encore plus révoltant, c’est qu’on a d’un côté des forbans, nourris à la mamelle du terrorisme, qui n’ont pas la honte honteuse de tuer des innocents ; et de l’autre, des hommes, femmes qui vivaient…leur vie.

Ainsi, depuis le jour de l’attentat, on assiste à une utilisation à profusion de l’expression la guerre dans les déclarations officielles, notamment par le président François Hollande et son premier ministre Manuel Valls. La France est donc en guerre, mais une guerre asymétrique à partir du moment où elle a en face un ennemi lointain, et, pour faire simple, opaque. Et il n’y a rien d’étonnant à voir le gros des médias français en faire matière à pérorer pour les «chercheurs de ce qui est racontable » – c’est-à-dire les journalistes et autres spécialistes. C’est ce que explique le journaliste Akram Belkaïd sur son blog, tout en disant qu’il faut « préciser quel genre de guerre», et que « Si guerre, il y a, elle est asymétrique et, en apparence, déterritorialisée ». Sous le titre « La guerre d’Hollande » (15 novembre 2015), il écrit :

« Cette guerre, c’est la France qui l’a commencée. C’est le président François Hollande et son gouvernement qui l’ont décidée en intervenant militairement en Irak contre l’Organisation de l’Etat islamique (EI) après la chute de la ville de Mossoul à la fin de l’été 2014. Cette guerre n’a pas fait l’objet d’un débat national. Le Parlement n’a pas eu à donner de feu vert puisque la Constitution permet au Chef de l’Etat français de décider seul. En théorie, la décision française d’intervenir peut paraître louable quand on connaît la sauvagerie et la violence inouïe dont sont capables les troupes de l’EI. Mais était-ce vraiment l’affaire de la France ? Etait-ce à elle de s’immiscer dans un conflit vis-à-vis duquel même les Etats-Unis – responsable direct du chaos irakien depuis l’invasion de 2003 – font preuve d’une extrême prudence ? Intervention au nom des droits de l’homme ? D’accord, et pourquoi alors ne pas aller bombarder Boko Haram au Nigeria ou alors les Farc en Colombie ? »

Il ne fait aucun doute qu’aujourd’hui, plus que jamais, le terrorisme est devenu l’ennemi public numéro un. Il est devenu une hydre qu’il faut stopper, au risque de le voir détruire le monde. Même si il faut encore s’accrocher à cet optimisme assez inouï qui fait dire que « jamais le mal n’aura raison du bien. »

IBK et sa guerre

Venons-en maintenant au président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, qui a aussi envoyé un message de condoléances au peuple français :

« Le Mali, par ma voix,  condamne fermement ces actes horribles et inhumains et s’associe aux efforts du Gouvernement français et de la communauté internationale visant à mener une lutte implacable contre le terrorisme »

On se souvient que le président malien a participé à la marche du 11 janvier à Paris, après les attentats de Charlie Hebdo et de l’hypercacher. Beaucoup, à l’époque, n’ont pas compris comment IBK, dont le pays est empêtré dans le terrorisme depuis plusieurs années, s’est prêté au jeu de cette marche, à Paris… Aujourd’hui, il n’est pas besoin de faire comprendre au président Keïta qu’il a lui aussi sa guerre contre le terrorisme, avec tous les pays du Sahel, et qu’ils rendront un immense service à la France s’ils parvenaient à édifier d’abord des Etats solides face au fanatisme religieux qui est en train de défier la loi fédérale au Nigéria, a mis l’Algérie à feu et à sang,  a déstructuré l’Afghanistan. Pour y arriver, il leur est juste demandé de lutter contre  l’ignorance, la régression et la sous-gouvernance, qui fait qu’aujourd’hui, on a des bigots et non des citoyens. Au Mali, par exemple, 70% de la population est analphabète, donc incapable de lire la vérité des textes religieux. Ce qui est grave pour les jeunes qui cèdent le plus souvent à ces discours soi-disant religieux et n’hésitent pas à se livrer aussi à des trafics illicites.

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