Je te veux mais à huis-clos

h0nciotle8com0hfinvr

Tu rencontres un mec qui te plaît. Tu sais que tu lui plais parce qu’il t’a testée nue à plusieurs reprises et tu ne l’as pas fait débander ; il n’a même pas besoin de se bourrer la gueule avant de t’embrasser. Mieux encore, vous aimez tout aussi bien passer du temps habillés à ne rien faire à part parler des heures, parce que tu le captes et il te capte. Vous passez beaucoup de temps ensemble, dans la vraie vie ou sur Whatsapp, vous êtes agréables l’un pour l’autre. Tu remplis même ton quota de trivialités féminines en étant présentable quand il se présente, tu lui prépares même des petits plats qu’il adore. De son propre aveu, tu es jolie, intelligente, drôle, tendre, avenante, à l’écoute, tout ce que tu veux. Et pourtant… Il disparaît pendant des mois et revient, te dit qu’il vient de rompre avec une fille qui l’a bien fait chier. Tu stalkes un moment la fille sur les réseaux sociaux et tu te rends compte qu’elle ne t’arrive pas à la cheville. Tu sais pourquoi c’est elle et pas toi ? Tu sais ce qui cloche chez toi ? S’il te présente à ses potes, « bonne » n’est pas le premier adjectif qu’ils utiliseront pour te décrire. Parce que ce que pense son entourage de ta carcasse est très important. Tu peux être ce que tu veux, gagner un marathon, être la meilleure dans ton domaine, gérer un million de personnes… Tu ne gagneras jamais contre le besoin viscéral de validation externe. Si tu es trop grosse, trop musclée, trop pas trop féminine, trop petite, trop grande, trop mal foutue… c’est mort pour toi. Tu peux être absolument ce que tu veux, tu perdras face à une brindille qui n’a pas le bac. Sortir avec une brindille écervelée n’est pas mal en soit – je tiens aussi à dire que je compte parmi mes amies des brindilles brillantes – ; ce qui est mal c’est choisir quelqu’un parce que les autres l’ont approuvé et passer son temps à dire qu’elle fait chier ou qu’il est temps de la jeter.

Ça me rappelle un épisode de la série Louie, de Louis C.K, l’humoriste le plus talentueux de notre époque. Louie rencontre Vanessa, une quasi-quadra quasi-obèse. Après plusieurs tentatives, il accepte finalement – dans sa grande mansuétude de rouquin chauve, gros et fauché – de sortir avec elle. Pendant la balade, elle lui dit qu’elle est toujours célibataire parce que « trouver quelqu’un à New York quand on est grosse et qu’on s’approche de la quarantaine, c’est difficile ». Louie lui répond qu’elle n’est pas grosse. Voici la suite du dialogue traduit de l’anglais par mes soins en collaboration avec Google Translate :

Louie: Tu sais Vanessa, tu es vraiment très belle…

Vanessa: Si je suis très belle, tu aurais dû dire oui quand je t’ai invité à sortir avec moi. Je veux dire, allez, Louie, sois honnête. Tu sais ce qui est drôle ? Je flirte avec des hommes tout le temps. Et par là, je veux dire les beaux gosses, les mecs de gros calibre. Ils flirtent avec moi, sans problème, parce qu’ils savent que leur statut ne sera pas remis en question. Mais les gars comme toi ne flirtent jamais avec moi, parce que vous avez peur d’être vus avec une fille comme moi.
Et pourquoi pas ? Tu sais, si tu étais pointé là-bas en train de nous observer, tu sais ce que tu penserais? Que nous allons bien ensemble, que nous formons un beau couple. Et pourtant, tu ne sortirais jamais avec une fille comme moi. Tu es déjà sorti avec une fille qui était plus grosse que toi ?

Louie : Oui, je l’ai fait, je l’ai déjà fait.

Vanessa : Non non non. Je n’ai pas demandé si tu as déjà baisé une grosse, Louie. Je suis sure que tu l’as déjà fait. Tous les hommes l’ont déjà fait. Je veux dire, quand on s’est rencontré pour la première fois, si j’avais dit « Hey, veux-tu bien me baiser dans les toilettes sur une pile de conserves de pêche ? », tu aurais été partant. Non, ce que je demande c’est est-ce que tu es déjà sorti avec une grosse. As-tu déjà courtisé une grosse ? As-tu déjà pris la main d’une grosse ? T’es-tu déjà baladé au vu et au su de tout le monde, en plein jour, main dans la main avec une grosse ?

Vas-y, prends ma main. Que crois-tu qu’il va se passer ? Tu crois que ta bite va tomber si tu tiens la main d’une grosse ? Tu sais ce qui est triste ? C’est tout ce que je veux. Je veux dire, j’arrive à baiser. N’importe quelle femme, avec un peu de volonté, peut baiser. Je n’ai même pas besoin d’avoir un copain ou un mari ; tout ce que je veux, c’est tenir la main à un bon gars, et marcher et parler.

La masculinité, ce truc fragile…

 

Derniers commentaires
  1. Vianesa
    • Nouhad Fathi
  2. legrandjeu
    • Nouhad Fathi

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *