Bachar Mar-Khalifé en concert

le 8 février 2016 – Paris – La Maroquinerie

Je ne connaissais pas son père – Marcel Khalifé, grand joueur de oud libanais – et je n’avais écouté que son dernier album, « Ya Ballad » (Ô pays). Mais il ne m’en a pas fallu plus pour apprécier le concert de Bachar Mar-Khalifé.

IMG_7700La première partie du concert fut lente, parfois triste, transcendante aussi, grâce au batteur/percussionniste qui par ses contre-temps a su capter mon attention plus d’une fois, heurter mes oreilles. Ma curiosité arrêtée, je me suis laissée prendre par l’univers de Bachar que j’avais du mal à cerner. Je pensais perdre le sens de son répertoire au vu des multiples effets musicaux. En effet, l’artiste n’a pas hésité à jouer des longs moment jazz, entrecoupés de mouvements orientaux percutants, qui laissaient place à une mélodie pop larmoyante. Cependant ces mélanges ont fini par me transporter.

Copyright : Vincent Coscolla

Quel était le lien entre tous ces moments qui n’en faisait qu’un seul me direz-vous? Et bien la voix de Bachar. Malgré les différentes sonorités, son chant tonnant, oriental et traditionnel donnait sens et cohérence à ces diverses influences.

Dans la lignée de son père, le chanteur franco-libanais a dédié une des ses chansons aux réfugiés syriens et palestiniens comme pour ne pas perdre de vu son héritage, ni oublier certaines sources de son inspiration.

Une atmosphère religieuse planait dans la salle grâce à ses solo au synthé qui n’amenaient pas qu’un rythme oriental, mais aussi une impression mystique. La mélodie d’introduction entonnée en hommage aux victimes des attentats de Paris et de Beyrouth avait l’allure d’une messe. En outre, la désormais célèbre chanson Kyrie Eleison, (nom d’un chant liturgique chrétien – catholique et orthodoxe) rappela l’empreinte sacrée de la musique juste avant la deuxième partie – dansante, orientale et électronique du concert. Un moment beaucoup plus joyeux dans son ensemble et plus chanté. La même impression sur la voix qui donnait à ce vrai moment pop une note traditionnelle.

Le live moins lisse que l’album, la mise en avant plus franche et parfois expérimental des instruments, a su donner un second souffle aux morceaux enregistrés.

Les 25 ans de Courrier International 

Le Courrier international a fêté ses 25 ans très humblement, au Trabendo, en mettant à l’honneur les richesses de la musique « arabe ». Bachar Mar-Khalifé et l’incontournable duo Acid Arab (que l’on retrouve dans presque tous les concerts parisiens qui puisent dans le registre oriental) ont été les dignes représentants d’une modernité de la musique sémite, qui n’oublie pas ses grands classiques et ses codes traditionnels.

Label : InFiné

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