Mars et Avril / Sélection culturelle d’Afrique et d’Orient en Ile de France

  • CINÉMA

Lundi 21 mars 2016
Avant-Première La Vallée de Ghassan Salhab
Institut du Monde Arabe

la vallée

Sur une route de montagne au Liban, un homme se relève d’un accident de voiture. Choqué et en sang, il erre jusqu’à un véhicule en panne et aide ses quatre occupants à le réparer. Devenu amnésique, le groupe prend soin de lui et l’emmène dans une ferme barricadée de la vallée de la Bekaa, où l’activité n’est pas uniquement agricole. Qui est cet homme sans passé ? Un espion, un mécanicien, un docteur, une menace, un présage… Entre suspicion et attirance, ils essaieront de lui faire retrouver la mémoire.

 Note d’intention du réalisateur

« J’étais à Ouyoun El Simane, sommet d’une des montagnes libanaises, y préparant mon film précédent (La Montagne), et comme à chaque fois que je me rends en ce haut point, la force du paysage, son implacable puissance, m’avait saisi. Mais ce jour-là, une sensation de frayeur s’était diffusée. Certes la majesté quasi glaciale du lieu, mon état d’être d’alors, mais c’était surtout comme si l’état des choses au Liban, dans cette partie fort chargée du monde, cet invariable état de menace, s’était autrement répandu en haute-montagne en une insaisissable forme.
Étrangement, cette menace prenait tout son sens dans ce lieu si détaché, si serein apparemment. Elle flottait lourdement, tel un ciel bien bas, prêt à éclater. La Vallée est né ce jour-là, de cette sensation.
Qui est cet homme ? Pourquoi a-t-il emprunté cette route ? D’où vient-il, se rendait-il dans la vallée de la Békaa ? Quel est cet accent qu’il a ? Le saura-t-on jamais ? Par la force des circonstances, cet homme qui a brusquement perdu toute familiarité non seulement avec le monde, avec les éléments de la nature, avec autrui, mais surtout avec lui-même, n’est quasiment plus que perceptions immédiates, instinct d’homme.
Dans La Vallée, la menace se joue à plusieurs niveaux avant d’éclater. Elle est là, dès le commencement du film, avant même les premières images. Elle est là avec cet homme en sang, sans passé, cet homme dont on ne sait rien, et qui ne sait plus rien. Une menace pour lui-même, autant que pour les gens qu’il dépanne pourtant. Depuis l’aube des temps, l’inconnu, l’étranger, on le sait, est chose inquiétante, menaçante.
La menace n’a de cesse d’être là, de peser, tant au Liban que dans toute une région pour le moins instable. Et cette guerre généralisée, redoutée, celle qu’on nous promet d’année en année, cette explosion brutale qui advient brusquement n’est pas forcément, par ce passage à l’acte, la fin de la menace. Elle l’ouvre plus que jamais.
La vallée de la Békaa est située entre deux chaînes de montagnes, Le Mont-Liban et l’Anti-Liban. Deux chaînes qui la dominent, l’enserrent, la protègent, la menacent forcément. »

Ghassan Salhab

Sortie en salle le Mercredi 23 mars 2016

 

Du 29 mars 2016 au 17 avril 2016
11ème Panorama des cinémas du Maghreb et Moyen-Orient
À cinéma L’Ecran de Saint-Denis, Seine-Saint-Denis, Paris

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« Avec  cette  11e  édition,  le  Panorama  des  cinémas  du  Maghreb  et  du  Moyen-Orient inaugure une nouvelle  décennie. Plus  que  jamais,  en  ces  temps  troublés  brouillant  parfois  les  horizons, le Panorama  souhaite ouvrir des  champs  exceptionnellement  larges.  Les cinéastes – hommes  et femmes du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, de Palestine, du Liban, d’Egypte, de Syrie et des diasporas dans le monde – sont bien là, et ils font des films ! Ce sont vers ces œuvres novatrices et singulières que nos regards se tournent, pour découvrir des images qui résistent et s’inventent entre deux, voire plusieurs pays. Parions que les soixante films de cette édition auront la capacité de transformer nos perceptions parfois  caricaturales de  la  culture  musulmane  et  arabe  et  sauront, cette  année  encore, nous donner  à  voir  et  à  rêver  la  diversité  de  ses  régions  qui  possèdent  chacune  une  couleur si particulière. Le courage, la résistance est aussi affaire de représentation et de récits.

C’est pourquoi notre Focus est consacré cette année à la vitalité de la création cinématographique palestinienne, à travers dix sept films et une invitation à celle qui a incarné la Palestine en Europe pendant un quart de siècle, l’ex-ambassadrice de la Palestine auprès de l’Union  européenne Leïla  Shahid,  lors  d’une  lecture de Genet et Chatila au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis.

Les  temps  de  partage et  de  découverte avec  nos  invité-e-s  et notre public, varié,  curieux, attentif, exigeant, seront  autant  de  moments  conviviaux  qui  permettront d’échanger  autour  des  grandes questions  qui  traversent  notre  société  comme  celles  du  Maghreb  et  du  Moyen-Orient,  et  de  tracer des pistes d’émancipation et de citoyenneté sur les deux rives de notre méditerranée. »

Le programme : http://www.pcmmo.org/


 

  • EXPOSITIONS

Du 11 février 2016 au 3 avril 2016

Regards posés – Hammams de la Médina de Tunis
Institut des cultures d’Islam

« Avant il y avait beaucoup plus de monde qui fréquentait le hammam, mais les salles de bains privées sont arrivées et beaucoup restent maintenant chez eux ! » Le très vieux hammam mixte d’Er-Remmimi est situé à la limite nord des faubourgs de Tunis. Bâti en 1245 par Mohamed El mimi et racheté au XVIème siècle par la famille Ghariani, il n’accueille désormais pas plus de trois cent personnes par semaine, hommes, femmes et enfants, contre plus de six cents auparavant ! C’est une clientèle du quartier de tous âges et fidèle qui le fréquente. Elle y a ses habitudes et elle aime s’y retrouver pour d’intenses moments de palabres et d’histoires à se raconter. Lorsque l’on s’assied dans la salle chaude, tous les uns à coté des autres, les pieds dans la bassine en attendant l’heure du lavage et du massage, on entend résonner dans la coupole le tourbillon des conversations ainsi que les râles de certains clients qui passent entre les mains des masseurs ! Les personnels qui y travaillent ont eux aussi presque entièrement disparu. Le service des foutas n’existe plus (remise, lavage, étendage), le gaz de ville a remplacé le bois et supprimé les emplois de la chaudière et la caisse est le plus souvent tenue par la famille Ghariani elle même ! Les masseurs qui souhaitent faire le métier se font de plus en plus rare, et aujourd’hui seuls Djamel et Nordine y travaillent encore régulièrement pour les hommes. Passez entre leurs mains et vous aurez l’impression de rajeunir brutalement tout en vous soulageant d’une épaisse couche de crasse collée à la peau. Et c’est souvent en chantant et en dansant qu’ils vous feront grimacer, le gant de crin sur la main et les bras tendus vers vos articulations ! Autrefois ils étaient près de douze tayebs, ils ne sont plus que deux …

L’exposition Regards Posés. Hammams de la Médina de Tunis présentée à l’Institut des Cultures d’Islam tente de restituer auprès du public parisien les multiples dimensions matérielles et immatérielles des hammams de la Médina de Tunis ainsi que les défis posés à leur sauvegarde contemporaine. Les images suggèrent l’évanescence de ces espaces oniriques, leur profonde intégration dans la vie sociale de la Médina, la précarité et l’exclusion de certains usagers des hammams ainsi que la brûlante passion de la dernière génération de propriétaires, viscéralement attachés à leurs patrimoines.

19 photographes tunisiens et étrangers ont été sélectionnés et invités à combler le vide iconographique sur les hammams et à poser de nouveaux regards sur ces différents univers. Bien que ce terrain d’étude soit délicat, intime et complexe, une complicité artistique a pu naître grâce à l’accueil et à l’enthousiasme des propriétaires, à la disponibilité des clients, ainsi qu’à la délicate pudeur des photographes et à la détermination passionnée des habitants.

Cette exposition photographique s’inscrit dans le cadre d’un projet original de mobilisation citoyenne pour la sauvegarde des bains historiques de la Ville de Tunis, lancé par l’association L’Mdina Wel Rabtine, Actions Citoyennes en Médina.

Les recherches de terrain ont permis de recenser près de 50 hammams historiques, inventoriés dès le XIXème siècle en Médina et faubourgs. En avril 2014, seulement 26 hammams étaient en activité, 17 avaient disparu et 7 autres étaient fermés.

Les hammams en fonction sont menacés de disparition si aucune intervention réfléchie de sauvegarde n’est engagée.

La résidence photographique préalable à l’exposition a été menée en partenariat avec la Maison de l’Image, avec le soutien précieux de l’Institut français de Tunisie et de l’Ambassade de Suisse en Tunisie. Les courts-métrages ont été réalisés par les étudiants de l’Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis.

Exposition dans le cadre de TUNICIE, programmation dédiée à la Tunisie, de février à août 2016

 

Du 30 mars au 15 avril
SOUS LE JASMIN, Histoires d’une répression en Tunisie, photos d’Augustin Le Gall
Mairie du IV ème arrondissement de Paris

Dans le cadre de la 14ème édition du Festival international du film des droits de l’homme de Paris, qui aura lieu du 5 au 19 avril. 

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« Sous le jasmin » présente les visages d’une trentaine d’hommes et de femmes ayant subi la torture et la répression en Tunisie. Traversant l’histoire du pays, depuis son indépendance, en 1956, jusqu’à aujourd’hui, opposants politiques, défenseurs des droits humains et de la liberté d’expression, journalistes, étudiants… mais aussi citoyens, nous livrent leurs histoires, à la fois singulières et collectives. Cette série raconte cette violence institutionnalisée alors que la Tunisie restait un des pays favoris du tourisme international, où le Jasmin décorait les cartes postales.

Projet réalisé en collaboration avec l’Organisation Mondiale Contre la Torture

En complément de l’exposition, une table ronde, ouverte à tous et organisée  par l’OMCT France, aura lieu le jeudi 31 mars à 19h30 à la Mairie du 4e :

Conférence-Débat: « Le combat pour les droits de l’Homme dans la Tunisie d’aujourd’hui » 

Interviendront:

– Kamel Jendoubi, Ministre tunisien chargé des relations avec les institutions constitutionnelles et la société civile et des Droits de l’Homme.

– Mokhtar Trifi, Président de l’OMCT Tunis 

– Dalila Mahdfoudh, victime de torture 

 

Jusqu’au 10 juin 2016
Les Grandes Robes Royales de Lamine Mohamed
La basilique Saint-Denis

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Lamine Mohamed expose à la Basilique Saint-Denis son travail autour du thème des « Grandes Robes Royales », prenant ainsi modèle sur les formes de patron médiévaux. Il s’inspire pour cela des gisants royaux de la Basilique. Pourtant, l’exposition est tout en contraste, puisque les tissus utilisés sont faits de toutes sortes de matériaux, les motifs pris d’Afrique Noire, du Maghreb, des tissus vendus sur le marché Saint-Denis, etc… Les robes sont aussi crées à partir d’influences actuelles: la ville de Saint Denis et ses populations multiples. Les robes de trois mètres répondent à la majesté de la Basilique.

 

Du 31 mars au 11 juillet 2016
Seydou Keïta
Au Grand Palais

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Seydou Keïta (1921-2001) est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands photographes de la deuxième moitié du XXe siècle. La valorisation de ses sujets, la maîtrise du cadrage et de la lumière, la modernité et l’inventivité de ses mises en scène lui ont valu un immense succès. Il prend sa retraite en 1977, après avoir été le photographe officiel d’un Mali devenu indépendant. Son oeuvre constitue un témoignage exceptionnel sur la société malienne de son époque.

 

Du 30 septembre 2015 au 17 juillet 2016
Chef d’oeuvre d’Afrique 
Musée Dapper                                                                                                                                                                  

L’ART AFRICAIN À L’HONNEUR

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Des oeuvres à l’aura plastique et culturelle.

Cette exposition présente plus de 130 oeuvres choisies en hommage à Michel Leveau (décédé en 2012) – fondateur de la Fondation Dapper – par sa fille et sa femme; des pièces uniques qui témoignent de la diversité des chefs-d’oeuvres d’Afrique. Une présentation qui met en avant le caractère esthétique des objets tout en dévoilant leur inscription dans le quotidien des civilisations auxquelles elles ont appartenu.  En outre, l’exposition peut mener à une réflexion sur la prégnance de ces héritages dans les sociétés actuelles d’Afrique. Ces statues, armes, parures, objets rituels provenant d’Afrique de l’ouest et d’Afrique centrale ont été découverts par d’éminents collectionneurs du XX ème siècle qui ont contribué à la reconnaissance de l’art non occidental.

Du 11 février au 28 août 2016
Des trésors à porter – Bijoux et parures du Maghreb 
Institut du Monde Arabe
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 L’exposition veut explorer l’univers de la parure des femmes à travers les bijoux du Maghreb, qui nous sont donnés à voir pour la première fois grâce à la collection Bouvier.

Ces bijoux en métaux précieux – or, argent et argent doré – produits et diffusés en milieux citadins ou ruraux couvrent une période allant de la seconde moitié du XIXe siècle à la première moitié du XXe siècle. Bijoux de fête comme du quotidien, ils dévoilent l’inventivité et le savoir-faire des artisans ou des particuliers qui les ont façonnés.

Les parures féminines du Maroc, d’Algérie, et de Tunisie se distinguent par un riche corpus : ornements de tête, temporaux, boucles d’oreille, colliers, fibules, bracelets et anneaux de chevilles qui revêtent une fonction utilitaire, ornementale mais aussi protectrice. La variété de leurs formes, de leurs décors et de leurs techniques témoigne de la diversité des peuples et de l’identité des régions qui constituent le monde arabe d’aujourd’hui.


 

  • CONCERTS                                  

10 avril 2016
Sidiki Diabaté 
Trianon

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Vos places ici

À tout juste 25 ans, Sidiki Diabaté est l’un des artistes maliens les plus suivis. Valeure montante, cet artiste multi-instrumentiste enchaîne les tournées et rempli les stades. Le plus jeune africain de l’histoire des Grammy Awards, fils de Toumani Diabate, Sidiki Diabate sera pour son premier concert parisien sur la scène du Trianon le 10 avril.  Parfait lien entre la musique traditionnelle et le rap, il sera entouré de musiciens et de surprises pour ce live très attenduSidiki incarne une rencontre inédite entre un lointain passé africain et un futur déjà agissant. Booba ne s’est pas trompé en reprennant son titre «Inianafi Debena» pour le hit «Validé» et en l’invitant à partager un duo sur la scène de son Bercy .

Sidiki Diabaté, fils de Toumani Diabaté, né en 1991 à Bamako , aîné de sa famille. Il incarne, à 25 ans, l’avènement de la Kora dans l’ère du numérique. Inscrit à l’Institut National des Arts de Bamako, Sidiki, multi-instrumentiste, s’est aussi familiarisé avec les techniques d’enregistrements et de mixage.
Pendant les vacances scolaires, le jeune Sidiki jouait le répertoire mandingue sur les plus grandes scènes du monde , avec son père, et les musiciens du Symmetric Orchestra dans le projet The Mandé Variations Il partage la scène avec les grandes étoiles de la musique internationale comme Bjork , Damon Albarn (Blur), Eliades Ochoa (Buenavista Social Club), Ketama et beaucoup d’autres.

 

Le 14 avril 2016
Jazz Oil
Le studio de l’Ermitage

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Vos places ici

Jazz Oil est une rencontre entre l’Orient et l’Occident, un « pont » entre le Jazz et les musiques traditionnelles arabes. Fondé à Tunis 2008 autour d’un duo inattendu d’instruments : la basse et le qanun. Nidhal Jaoua propose une nouvelle technique de jeu sur cet instrument traditionnel de 78 cordes créé au IXe siècle au Moyen Orient et quant à Slim Abida, il sort du cadre habituel réservé aux bassistes en utilisant son instrument comme un soliste. Ce sont ces choix artistiques qui donnent à JAZZ OIL une identité et une couleur musicale si particulières.


 

  • FESTIVAL ET RENCONTRES

Du 14 au 20 mars 2016
Printemps des poètes des Afriques et d’Ailleurs
Société des Poètes français  16, rue Monsieur le Prince 75006 Paris M° Luxembourg /Odéon

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« Le 13e Printemps des Poètes des Afriques et d’Ailleurs se tiendra à Paris du 14 au 20 mars. Il est présidé par le poète et universitaire Thierry Sinda (auteur de l’Anthologie des poèmes d’amour des Afriques et d’Ailleurs, Orphie, 2013) et animé par l’acteur et metteur en scène Moa Abaïd.  Il est placé sous le haut patronage du poète-historien Martial Sinda (premier poète de l’Afrique Equatoriale Française en 1955, et professeur émérite à la Sorbonne). Le thème du festival est le « Grand vingtième siècle : apport de la francophonie ». »
Vendredi 18 mars – Hommage aux 60 ans du Grand Prix de l’Afrique Equatoriale Française du poète Martial Sinda (prix remis pour la première fois à un auteur Noir)
Et Dimanche 20 mars – Centenaire Bernard Dadié      

 

Du 29 mars au 3 avril 2016
Magic Barbès
Bibliothèque de la Goutte d’Or / FGO-Barbara / Institut des Cultures d’Islam    

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« En 2016, les Rencontres de la Goutte d’or se transforment. Nouveau visage, nouveau nom… Bienvenue à Magic Barbès ! Ce festival annuel, né en 2009, est porté cette année par la Bibliothèque Goutte d’Or, FGO-Barbara et l’Institut des Cultures d’Islam. Il traite des histoires, du patrimoine et de l’actualité du quartier au travers d’expositions, de tables-rondes, d’ateliers, de visites guidées, de concerts et de spectacles vivants éclectiques. L’édition 2016 de Magic Barbès a pour thème Constellation poétique. « 

Le programme ici 

                                                                                               

 

 

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